La langue grecque a pour particularité d’intensifier la force d’un verbe en y ajoutant des prépositions. Dans ce cas, la préposition « sur », telle qu’on la trouve dans l’expression « sur lui », est répétée dans le verbe « déchargez », de sorte que sa force est intensifiée; sinon, on pourrait le traduire par un mot un peu moins fort, comme « jetez ». Dans le cas présent, on pourrait donc dire : « Nous ne devons pas simplement déposer nos soucis devant Seigneur, mais les jeter devant lui avec force. » Il y a une intensité et une intentionnalité dans la manière dont Pierre l’exprime. Il souhaite donc que ses lecteurs agissent de manière délibérée lorsqu’ils se déchargent de leurs soucis sur lui.
Il convient en outre de noter que le mot « déchargez » est un verbe d’action qui donne tout son sens à l’ordre qui le précède : « humiliez-vous ». En d’autres termes, « humiliez-vous » n’implique pas une attitude passive, comme s’il n’y avait rien que vous puissiez faire face à votre situation; au contraire, chaque frustration et chaque contrariété que vous vivez, vous pouvez/devez vous en décharger sur le Seigneur. Cette instruction va à l’encontre de notre réaction instinctive face à la souffrance, c’est-à-dire la détermination à agir par nous-mêmes pour y remédier (par exemple, fuir, comme Agar, riposter ou devenir amer).
7 et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.