Les étrangers et les exilés (qui sont nés de nouveau et citoyens du ciel, 1 Pierre 1:3–4) peuvent se croire au-dessus de la société en général et donc libres de ne pas tenir compte de toutes les institutions humaines existant dans une communauté donnée. Agir ainsi ne ferait toutefois qu’accroître la méfiance qui existe naturellement au sein d’une communauté envers ceux qui sont différents de quelque manière que ce soit (et le fait d’être nés nous rend certainement différents de ceux qui ne sont pas nés). Cette méfiance accrue alimente à son tour les propos négatifs à l’égard des chrétiens au sein de la communauté. C’est pourquoi le Seigneur veut que son peuple se « soumette… à toute autorité établie parmi les hommes » existant dans la communauté, qu’il s’agisse des gouverneurs, de la police, des conseils scolaires, des conseils d’administration des hôpitaux, des chambres de commerce ou autres. Il en va de même pour les institutions humaines concernant, par exemple, le code vestimentaire ou le soins apporté à la tenue de la maison. La conduite de son peuple ne doit pas faire obstacle à une réputation irréprochable ni à la réputation de Dieu.
Si quelqu’un a jamais été étranger et exilé dans sa communauté, c’est bien notre Seigneur Jésus-Christ. Les institutions humaines qui existaient à son époque étaient toutes composées (et parfois organisées) par des personnes pécheresses, qui accomplissaient toutes leurs tâches dans la faiblesse. Pourtant, Jésus, homme parfait et vrai Dieu qu’il était, n’a pas défié les normes et les structures de sa société, mais s’est soumis aux codes et aux usages en vigueur (tout en ne péchant jamais contre Dieu, bien entendu). Un exemple clair est donné en Luc 15:1, où Jésus a accordé de la valeur aux collecteurs d’impôts (associés des Romains détestés) et aux prostituées (considérées comme intouchables selon les normes de la société bien-pensante) en mangeant avec eux. En fait, par son obéissance parfaite également au commandement de se soumettre à toute institution humaine (ou « autorité établie parmi les hommes »), le Christ a expié nos transgressions contre cette instruction. Son peuple doit désormais suivre son exemple.
La liberté que nous avons en Christ (qui nous libère de l’esclavage du péché et de Satan, et qui nous accorde donc la liberté de servir Dieu et notre prochain) ne donne pas aux chrétiens le droit d’établir leurs propres règles ou de ne tenir aucun compte des règles et des normes de la société en général. Pierre souhaite que le peuple de Dieu vive comme des personnes libérées des restrictions étroites et limitantes d’une vision de la réalité propre à ce monde (le sein maternel) et soit ainsi un peuple qui regarde au-delà du présent vers les délices de l’héritage à venir (1 Pierre 1:4). Ce qu’ils ne doivent surtout pas faire, c’est tout ce que la société considère comme mauvais, car les chrétiens sont les serviteurs de Dieu dans ce monde.
13 Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain,